Le Mans Classic 2025 - Les courses support
Textes et photos par Valentin Bourgeois.
Si les 24 heures du Mans écrivent l'histoire, Le Mans Classic la raconte. Après l'extraordinaire édition 2023 rendant hommage au centenaire de la course, la barre était placée haute et les attentes n'étaient pas en reste du côté des 238 000 spectateurs s'étant déplacés pour l'occasion. La recette est toujours aussi simple : trois jours d'action sur le grand circuit des 24 heures, durant lesquels plusieurs centaines de voitures de course historiques assurent le spectacle - de l'ancêtre centenaire à la plus récente (années 2000), en passant par les fabuleuses Groupe C ou encore les dominantes Ford GT40. Saupoudrez le tout d'un abondant soleil pour commencer le weekend, puis arrosez copieusement de pluie le dimanche et vous obtenez le weekend le plus fatigant pour pilotes, photographes et spectateurs ! Après un premier reportage sur les plateaux principaux, je vous propose désormais d'assister aux courses support, avec, notamment, le plus beau coucher de soleil que j'ai eu la chance de photographier au Mans. C'est parti !
Endurance Racing Legends : quand la magie du Mans opère...
Le cru 2023 était particulièrement exceptionnel pour l'Endurance Racing Legends, qui, je le rappelle, n'a vu le jour dans le calendrier Peter Auto qu'en 2018 ! Alors avec une barre placée si haut, c'est forcément avec un peu de déception que je découvre le plateau le jeudi. Ouvert aux prototypes et GT des années 90 à 2000, plus de 70 voitures étaient pourtant engagées mais une nette dominance du côté des GT2, GT3 a quelque peu éclipsé les prototypes.
Allez, partons tout de même en piste redécouvrir celles qui m'ont bercées au début des années 2000 : Pescarolo 01, Courage C60, Porsche 996 GT3 RSR, 993 GT2... On y trouvait même Pierre Fillon, président de l'Automobile Club de L'Ouest, en Audi R8 LMP ! Les livrées sont colorées, les V10 Judd des prototypes Zytek ou Lola sont toujours autant bruyants, tandis que les premiers prototypes LMP1 décrochent les meilleurs chronos.
Pour la deuxième session d'essais qualificatifs, j'espère que vous êtes confortablement assis : je vous propose des images d'un exceptionnel coucher de soleil au Mans, comme il n'y a pas eu depuis bien longtemps. Connaissez-vous la théorie du photographe automobile ? C'est lorsque rien ne se passe en piste que la lumière est la plus belle...
Permettez-moi une touche d’ironie pour introduire ces clichés, que je considère comme les plus réussis de cette édition. Plus de 70 voitures de course "néoclassiques" lancées à pleine vitesse en direction d'un soleil rasant, à la recherche du centième de seconde qui permettra de faire la différence sur la grille, le lendemain. Nous étions beaucoup de photographes, tous unanimes pour dire que nous avions assisté à un moment qui restera indéniablement dans l'histoire du Mans Classic. L'accident spectaculaire d'une Aston Martin DBR9 à Arnage a mis prématurement fin à ce moment, mais je vous invite à profiter des clichés tandis que je retourne me remémorer des V10 passant non loin du rupteur...
Le samedi matin, c'est après les Esses de la forêt que je décide de photographier la première course, lorsque la lumière met en valeur les livrées si soignées de ces merveilles.
Petite ellipse jusqu'à dimanche à 15 heures, où les Endurance Racing Legends ont retrouvé la piste pour clôturer l'événement en beauté : ce seront elles, les stars de la déclinaison "Legend" du Mans Classic qui aura lieu en 2026 !
Group C Racing - rapides comme l'éclair.
Dans les années 1980, alors que les Groupe B dominent le rallye avec leurs moteurs turbocompressés et leurs carrosseries musclées, les 24 heures du Mans voient arriver les descendantes du Groupe S 3.0 sous la forme de prototypes entièrement carrossés, fermés et à l'aérodynamisme travaillé. Considéré comme l'âge d'or de l'endurance par de nombreux historiens, le Groupe C a vu, entre 1982 et 1993, des grilles de départ remplies de ces monstres de puissance devenues légendaires. La domination absolue de Porsche avec les 956, puis l'arrivée des Jaguar, Peugeot, Mercedes-Benz ou Mazda ont permis au Groupe C d'obtenir ses lettres de noblesses. Il n'en manquait qu'une cette année : la 787B et son fabuleux moteur rotatif...
Pour la seconde séances d'essais qualificatifs, c'est presque au même endroit que pour les Endurance Racing Legends que je m'étais positionné : avant le virage d'Indianapolis, dans la fraîcheur relative des bois de pins. Les passages à plus de 300 km/h font trembler le sol et mes organes, me faisant réaliser l'incroyable chance que j'ai de pouvoir être à cet endroit.
Un peu de voie des stands pour changer lors de la première course, le samedi matin !
Puis, sous un déluge absolu et aux premières heures du dimanche, je retrouve un plateau allégé mais toujours aussi sympathique avant Indianapolis : il est six heures du matin, je suis seul avec les commissaires et deux autres photographes. Les frissons à chaque passage, jusqu'à ce que cela devienne bien trop dangereux, obligeant la sortie du drapeau rouge.
Porsche Classic Race Le Mans - le choc des générations !
Les Porsche de 1965 à 1981 ont leur course ! La Classic Race Le Mans, c'est un partenariat entre Peter Auto et Porsche France dans lequel une gigantesque liste d'engagés de 70 Porsche de course prennent possession de la piste durant deux courses. On y voit une 917K tenir tête aux 935, déjà en train de dépasser des 911 2.0 Cup, elles même submergées par des 910... C'est un joyeux festin de l'histoire de Porsche, avec, en guise de Safety Car, une 918 Spyder, bien sûr. De quoi satisfaire le porschiste que je suis...
Little Big Mans - glamour à souhait
Terminons l'action en piste par Little Big Mans, une course de voitures miniaturisées à destination des enfants de 7 à 12 ans. Une seule condition : la voiture en question doit représenter une "vraie" ayant couru aux 24 heures du Mans jusqu'en 1980. Felipe Massa avait la lourde tâche de lancer la course, tandis que le Docteur Wolfgang Ullrich, ancien directeur d'Audi Sport, scrutait les talents de demain, sait-on jamais... Avec une pré-grille "comme les grands", un départ façon Le Mans puis une parade dynamique jusqu'à la passerelle Dunlop, c'est un moment hors du temps où l'innocence enfantine vient rencontrer l'intensité de la compétition !
Les villages, expositions et les inclassables...
Terminons ce reportage par un florilège des activités annexes, entre village constructeur, parades, expositions et baptêmes VIP pour les voitures les plus exotiques parmi les clubs.
Ce second reportage sur cette édition 2025 de Le Mans Classic touche à sa fin. Les courses supports ainsi que les activités hors piste ont repoussé les limites de l'imaginable afin de proposer le plus grand rassemblement de voitures de collection au monde. À l'image de ma conclusion sur le premier reportage, c'est avec frustration que je termine celui-ci car, à cause du programme si intense sur la piste, je n'ai pas pu envisager une couverture complète des clubs, alors qu'ils regorgent de merveilles.
Espérons donc que l'alternance, dès l'an prochain, de deux éditions à l'orientation différente, me permettra à nouveau de déambuler parmi les milliers de classiques venues des quatre coins de l'Europe. Rendez-vous en 2026 pour le verdict !
Espérons donc que l'alternance, dès l'an prochain, de deux éditions à l'orientation différente, me permettra à nouveau de déambuler parmi les milliers de classiques venues des quatre coins de l'Europe. Rendez-vous en 2026 pour le verdict !



























































































