Ultimate Supercar Garage 2026 @ Paris, Porte de Versailles
Textes et photos par Valentin Bourgeois.
Le garage de supercars par excellence. Voici l'idée derrière laquelle Ultimate Supercar Garage est né. Parti d’un constat simple — la prolifération de supercars et hypercars modernes au sein même de Rétromobile — les organisateurs ont décidé de créer un événement dédié. Mais proposer un salon de prestige automobile dans un environnement devenu largement autophobe n’est pas chose aisée ; il fallait donc repenser entièrement la formule. Autrefois, le salon de Genève était la référence pour admirer des voitures de rêve. Ultimate Supercar Garage s’en inspire sans le copier et propose une première édition ambitieuse, avec pas moins de trois premières mondiales. Pour compléter l’expérience, une scène live permet aux voitures de prendre vie sous les explications de leurs ingénieurs, designers ou fondateurs.
Dès lors, une question se pose : l’organisateur du plus beau salon d’automobiles classiques au monde peut-il aussi réussir un salon résolument moderne ?
Dès lors, une question se pose : l’organisateur du plus beau salon d’automobiles classiques au monde peut-il aussi réussir un salon résolument moderne ?
Commençons avec celle qui a sans doute le plus fait parler d’elle en ce début d’année 2026 et qui célébrait ici sa première mondiale : la Bugatti FKP Hommage. Véritable pièce maîtresse du salon, elle commémore les 20 ans de son ancêtre, la Veyron.
FKP pour Ferdinand Karl Piëch, l’ingénieur visionnaire à l’origine de ce projet insensé au début des années 2000 : produire la voiture la plus rapide du monde.
La marque française avait fait le déplacement avec son directeur général Mate Rimac, accompagné du designer Frank Heyl et de Christophe Piochon. À leurs côtés, la Veyron originelle — propriété de la famille Piëch — trônait fièrement, permettant une comparaison directe avec cet hommage néo-rétro particulièrement réussi. L’avant modernise les entrées d’air et élargit la traditionnelle calandre en fer à cheval, tandis que les phares adoptent une signature lumineuse à LED inspirée du modèle d’origine. Sur le profil, la fameuse ligne en C est conservée et les jantes gagnent en diamètre. L’arrière, lui, abandonne les feux halogènes pour quatre anneaux de LEDs.
L’intérieur mérite une mention spéciale : aucun écran central, seulement des matériaux nobles et, au centre, une montre Audemars Piguet Royal Oak. Celle-ci possède une particularité étonnante : elle se remonte automatiquement grâce aux mouvements de la voiture.
Produite à un unique exemplaire pour un client fortuné, cette FKP Hommage rejoint la collection « Solitaire » de Bugatti. Difficile de ne pas succomber à son charme, d’autant que la présence de la Veyron à ses côtés souligne parfaitement l’évolution.
FKP pour Ferdinand Karl Piëch, l’ingénieur visionnaire à l’origine de ce projet insensé au début des années 2000 : produire la voiture la plus rapide du monde.
La marque française avait fait le déplacement avec son directeur général Mate Rimac, accompagné du designer Frank Heyl et de Christophe Piochon. À leurs côtés, la Veyron originelle — propriété de la famille Piëch — trônait fièrement, permettant une comparaison directe avec cet hommage néo-rétro particulièrement réussi. L’avant modernise les entrées d’air et élargit la traditionnelle calandre en fer à cheval, tandis que les phares adoptent une signature lumineuse à LED inspirée du modèle d’origine. Sur le profil, la fameuse ligne en C est conservée et les jantes gagnent en diamètre. L’arrière, lui, abandonne les feux halogènes pour quatre anneaux de LEDs.
L’intérieur mérite une mention spéciale : aucun écran central, seulement des matériaux nobles et, au centre, une montre Audemars Piguet Royal Oak. Celle-ci possède une particularité étonnante : elle se remonte automatiquement grâce aux mouvements de la voiture.
Produite à un unique exemplaire pour un client fortuné, cette FKP Hommage rejoint la collection « Solitaire » de Bugatti. Difficile de ne pas succomber à son charme, d’autant que la présence de la Veyron à ses côtés souligne parfaitement l’évolution.
Sur le stand d’en face, Bugatti exposait toute la lignée Veyron, alignée comme une frise chronologique : Veyron 16.4, Grand Sport, Super Sport et Grand Sport Vitesse.
La Grand Sport attirait immédiatement le regard : l’unique « Sang Blanc », reconnaissable à sa peinture satinée. À ses côtés, la Super Sport arborait une superbe livrée bleu carbone, tandis que la Vitesse n’était autre que l’exemplaire commandé à l’origine par le propriétaire de l’AS Monaco, dans une combinaison de couleurs particulièrement désirable.
La Grand Sport attirait immédiatement le regard : l’unique « Sang Blanc », reconnaissable à sa peinture satinée. À ses côtés, la Super Sport arborait une superbe livrée bleu carbone, tandis que la Vitesse n’était autre que l’exemplaire commandé à l’origine par le propriétaire de l’AS Monaco, dans une combinaison de couleurs particulièrement désirable.
Toujours dans l’univers des hypercars, Pagani avait fait le déplacement avec quatre modèles : Huayra R, Huayra Roadster, Zonda Barchetta et Utopia Roadster. L’occasion d’observer un souci du détail qui rapproche davantage ces machines de l’orfèvrerie mécanique que de simples automobiles.
La Huayra Roadster, habillée d’un bleu carbone associé à un intérieur tan, attire immédiatement le regard. À l’opposé, la toute nouvelle Utopia Roadster surprend avec un carbone kaki satiné au caractère bien différent.
Mention spéciale enfin à l’unique Zonda LM Coupé exposée sur le stand du Supercar Owners Circle, reconnaissable à son nez… pour le moins singulier.
La Huayra Roadster, habillée d’un bleu carbone associé à un intérieur tan, attire immédiatement le regard. À l’opposé, la toute nouvelle Utopia Roadster surprend avec un carbone kaki satiné au caractère bien différent.
Mention spéciale enfin à l’unique Zonda LM Coupé exposée sur le stand du Supercar Owners Circle, reconnaissable à son nez… pour le moins singulier.
Je vous en parlais en introduction : voici la scène live, au moment du passage de la Lotus Evija Fittipaldi Edition. Le principe est simple : plutôt que de figer les voitures sur leurs stands, le salon les fait vivre sur une scène centrale au travers d’interviews et de présentations dynamiques — et l’idée fonctionne.
Clive Chapman, fils de Colin, venait évoquer le célèbre « Light is right », tandis que la Formule 1 Type 72 d’Emerson Fittipaldi prenait place aux côtés de l’Evija, dernière hypercar électrique de la marque, dans une livrée hautement évocatrice.
Clive Chapman, fils de Colin, venait évoquer le célèbre « Light is right », tandis que la Formule 1 Type 72 d’Emerson Fittipaldi prenait place aux côtés de l’Evija, dernière hypercar électrique de la marque, dans une livrée hautement évocatrice.
Malheureusement, cette scène live ne se prêtait pas à tous les modèles. Lamborghini n’y passera pas, malgré la première française de la Fenomeno. C’est aussi la limite d’un salon automobile moderne, où certaines voitures ne sont encore que des maquettes, non roulantes.
Autre ambiance chez Bentley, où la nouvelle Continental GT Supersports faisait sa première apparition publique, présentée sous la forme d’un modèle de présérie roulant. Cette déclinaison plus affûtée de la Continental bénéficie d’une mise au point signée Manthey Racing, accompagnée d’une importante cure d’allègement et d’un objectif clair : prouver que la grande GT britannique sait aussi s’attaquer au chronomètre. À ses côtés, la somptueuse Batur Convertible, l’un des dix exemplaires assemblés à la main à Crewe, rappelait le savoir-faire artisanal de la marque.
Du côté de Ferrari, pas de présence officielle, mais Charles Pozzi Paris assurait la représentation du cheval cabré. Quatre modèles occupaient le stand : Monza SP2, 296 GTS du pilote Esteban Ocon, 296 Speciale et SF90 Stradale. Un plateau prestigieux qui aurait peut-être mérité une mise en lumière plus soignée...
Juste derrière, Aston Martin présentait la Valkyrie AMR Pro, version entièrement débridée de l’hypercar engagée aux 24 Heures du Mans, réservée à quelques propriétaires prêts à prendre le volant d’un prototype dérivé du plus haut niveau de l’endurance. V12 atmosphérique hurlant, aérodynamique démesurée et programme d’accompagnement sur circuit font partie de l’expérience proposée. À ses côtés, la Valhalla, supercar enfin arrivée au terme de plus de six ans de développement, dont les premières livraisons débutent.
La voiture suivante était une première mondiale, et pas n’importe laquelle : la Donkervoort P24 RS, nouvelle mouture de ce petit constructeur hollandais produisant seulement 30 voitures par an. Fini le rebadgeage des Lotus 7, la marque développe désormais ses propres modèles grâce à un procédé de fabrication en fibre de carbone unique, appelé Excore. Une mousse expansive est injectée entre deux feuilles de carbone pour les presser contre le moule, donnant à chaque carrosserie un motif caractéristique et parfaitement homogène. L’emploi massif de ce matériau confère à la P24 RS un poids plume de 840 kg, dont l’essentiel est pris par le nouveau V6 3,5 litres Bi-Turbo d’origine Ford. Bien qu’inspiré du moteur de la Ford GT, il a été entièrement retravaillé par Donkervoort, avec turbos à 1,2 bar et gestion moteur spécifique offrant plusieurs réglages de puissance. Le plus puissant délivre 600 chevaux et 800 Nm, transmis uniquement aux roues arrière via une boîte manuelle à cinq rapports, sans aucune assistance à la conduite — même l’ABS est optionnel.
L’aérodynamique n’est pas en reste : un imposant package extérieur ajoute jusqu’à 90 kg d’appui sur circuit. Cette magnifique machine est proposée au prix de 298 500 € HT, soit près de 438 200 € hors options en France. Déroutante, déraisonnable, mais irrésistible : certainement l’un de mes coups de cœur de ce salon !
L’aérodynamique n’est pas en reste : un imposant package extérieur ajoute jusqu’à 90 kg d’appui sur circuit. Cette magnifique machine est proposée au prix de 298 500 € HT, soit près de 438 200 € hors options en France. Déroutante, déraisonnable, mais irrésistible : certainement l’un de mes coups de cœur de ce salon !
La richesse d'Ultimate Supercar Garage réside dans la diversité de ses exposants. Voici la Eccentrica V12, un restomod de qualité sur base de Lamborghini Diablo récupérant tous les éléments clés de ce type de modification : peinture criarde, intérieur raffiné, tableau de bord modernisé et moteur revu avec des technologies modernes.
Toujours dans les restomods, voici la Nardone Automotive 928, et cette fois-ci… française. Fruit de l’imagination de Thierry Nardone, Basque passionné de Porsche, cette 928 restomod choisit une base inédite : la première des transaxle de Stuttgart.
Le V8 est entièrement revu par Italtecnica en Italie — les mêmes qui s’occupent des moteurs de l’Eccentrica V12 — tandis que de nombreuses pièces de carrosserie sont repensées pour moderniser la silhouette tout en respectant le passé. Les supports de phare semblent tout droit sortis d’un film de science-fiction, et l’intérieur brille par son motif Pascha… non imprimé, mais tressé ! Une discussion avec l’un des collaborateurs m’a permis de découvrir les photos de la construction : le toit est entièrement découpé, de même que la plupart des panneaux, pour être entièrement retravaillés. Résultat : un exemplaire absolument magnifique, où modernité et héritage se répondent avec subtilité.
Le V8 est entièrement revu par Italtecnica en Italie — les mêmes qui s’occupent des moteurs de l’Eccentrica V12 — tandis que de nombreuses pièces de carrosserie sont repensées pour moderniser la silhouette tout en respectant le passé. Les supports de phare semblent tout droit sortis d’un film de science-fiction, et l’intérieur brille par son motif Pascha… non imprimé, mais tressé ! Une discussion avec l’un des collaborateurs m’a permis de découvrir les photos de la construction : le toit est entièrement découpé, de même que la plupart des panneaux, pour être entièrement retravaillés. Résultat : un exemplaire absolument magnifique, où modernité et héritage se répondent avec subtilité.
L’artisan suivant est une grande découverte et mon coup de cœur absolu : la Rina, premier modèle de petite série d’Automobili Mignatta. Fort de plus de dix ans d’expérience dans la réalisation de monocoques et pièces en carbone pour les plus grands constructeurs, Mignatta se lance dans la création d’une barchetta sublime, où l’âme de la Toscane se fait sentir.
Les visuels de présentation, dessinés intégralement par le designer maison, mettaient en scène un homme lassé d’entendre parler de batteries et de recharges… jusqu’à ce que le V8 d’origine Ford démarre et se mette à chanter ses vocalises « 100 % italiennes », comme le rappelait le charismatique Nuzio, à la tête du projet. Les 500 chevaux sont transmis au sol sur le train arrière via une boîte manuelle à six rapports positionnée en transaxle.
L’extérieur s’inspire des barquettes italiennes des années 60, intégralement réalisé en carbone, tandis que l’intérieur se passe de sièges : de simples coussins collés à la monocoque suffisent. J’ai passé plus de trente minutes à échanger avec les ingénieurs, designers et le fondateur, captivé par chaque détail. Quel plaisir de découvrir une telle réalisation au cœur d’Ultimate Supercar Garage !
Les visuels de présentation, dessinés intégralement par le designer maison, mettaient en scène un homme lassé d’entendre parler de batteries et de recharges… jusqu’à ce que le V8 d’origine Ford démarre et se mette à chanter ses vocalises « 100 % italiennes », comme le rappelait le charismatique Nuzio, à la tête du projet. Les 500 chevaux sont transmis au sol sur le train arrière via une boîte manuelle à six rapports positionnée en transaxle.
L’extérieur s’inspire des barquettes italiennes des années 60, intégralement réalisé en carbone, tandis que l’intérieur se passe de sièges : de simples coussins collés à la monocoque suffisent. J’ai passé plus de trente minutes à échanger avec les ingénieurs, designers et le fondateur, captivé par chaque détail. Quel plaisir de découvrir une telle réalisation au cœur d’Ultimate Supercar Garage !
Restons de l'autre côté des Alpes avec Bertone, le carrossier que l'on ne présente plus. Cette année, il présentait la Runabout en première mondiale : prenez une Lotus Elise nue, mettez-y une carrosserie inspirée du concept Runabout de 1969, triplez le prix de la donneuse et vous obtenez cette délicieuse petite sportive aux phares pop-up que l'on croyait disparus. Bien sûr, on y trouve des possibilités de personnalisation infinie et même une inédite version sans pare-brise... Bien plus désirable que la GB110 orange sur base Huracan.
Comme je le mentionnais en introduction, la singularité d’Ultimate Supercar Garage réside dans la diversité de ses exposants : artisans, restomods, marchands, constructeurs… On y trouve de tout, rappelant l’époque révolue du salon de Genève, où la présence de ces petits acteurs passionnés faisait tout le charme de l’événement. Place maintenant à un diaporama des “autres”, ces trésors parfois discrets mais toujours fascinants.
Retour chez les constructeurs avec Renault, qui mise toujours sur sa R5 Turbo 3E. Difficile de rester insensible quand elle reprend la livrée mythique de son ancêtre de rallye…
Retour sur la scène live avec Bottegafuoriserie, la collaboration entre Maserati et Alfa Romeo pour proposer davantage d’exclusivité et de personnalisation sur leurs modèles d’exception. La MCExtrema et la 33 Stradale partagent la scène, tandis que l’attention du public se fait parfois rare. Dommage, tant ces marques historiques méritent qu’on s’attarde sur elles, témoins d’un patrimoine automobile unique.
Avant de clore notre visite, un détour par la galerie d’art installée au sein du salon. On y découvre les sculptures de Richard Orlinski, quelques voitures présentées à l’échelle 1 ou réduite, et P1 – Espaces automobiles d’exception, qui dévoile l’univers fascinant des garages sur mesure. Coffres-forts, remontoirs à montres, tiroirs pour clés… chaque détail est pensé comme un écrin pour l’automobile qu'ils accueillent.
Très attendu par tous les amateurs de voitures exotiques, Ultimate Supercar Garage a sans aucun doute comblé leurs attentes. Avec près de 63 000 visiteurs, de nombreux constructeurs et plusieurs premières mondiales ou européennes, ce dérivé de Rétromobile a montré qu’une recette basée sur la passion ravive l’esprit des salons automobiles. On se serait cru au salon de Genève, avec cette proximité si précieuse avec chaque exposant, permettant des échanges riches sur les multiples défis de l’industrie. Nous reviendrons en 2027 pour une seconde édition, convaincus que le salon sera encore plus qualitatif et enthousiasmant.































































